Nicole Quichot is working to STOP the Cruel Treatment of Animals in Chinese Fur-Farms

Nicole Quichot

Le droit n’est pas de son côté : logée par un collègue devenu son ennemi dans un appartement communal de La Chaux-de-Fonds, Vivian Geering (74 ans) avait jusqu’à hier pour débarrasser le plancher, le locataire ayant rompu son bail avec la gérance. S’il n’est pas juridique, le problème est humain: Vivian Geering n’a nulle part où aller avec ses huit chats et depuis quelques jours, il neige à 1000 mètres.

A compter de ce matin, la gérance peut déposer une requête auprès d’un tribunal civil, seul habilité à envoyer la police, un serrurier et un déménageur chez Vivian Geering, mais pas du jour en lendemain. Des semaines s’écouleront et dans l’intervalle, le curateur cherchera une solution acceptable pour sa protégée, mais aussi pour la gérance.

N’y a-t-il pas une trêve hivernale dans l’exécution des ordres d’expulsion? C’est le cas en France, où depuis 1998, la loi rend illégale l’expulsion d’un locataire du 1er novembre au 15, voire au 30 mars, sauf si son relogement est assuré. Un nouveau texte voté ce printemps prévoit de plus le maintien de la fourniture en gaz et en électricité. Mais même outre-Jura, Vivian Geering ne serait pas à l’abri, puisque la loi française autorise l’expulsion d’une personne qui occupe illégalement un appartement. Ce qui est son cas: l’administration ne la considère pas comme une sous-locatrice, mais comme une «occupante illicite» dépourvue de contrat.

Et en Suisse? Le Code des obligations ne prévoit aucune trêve. Conséquence: «Si un tribunal tenait compte de la météo, une gérance ou un propriétaire pourrait lui tomber dessus», explique Yvette Paroz Veuve, greffière du Tribunal régional des Montagnes. La seule trêve tacite est celle des fêtes du fin d’année.

«Je vis constamment sous la menace et personne ne m’écoute», déplore Vivian Geering, à qui l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte a désigné un curateur la semaine dernière.

Jamais sans ses chats

C’est un juge civil qui a ordonné la restitution de l’appartement et avant-hier, à la veille de la date butoir, Vivian Geering s’est présentée deux fois au guichet de la gérance des immeubles communaux. Mais le dialogue a tourné court: «Le locataire ayant résilié le bail, vous ne pouvez pas rester dans cet appartement», lui a indiqué la cheffe de cet office, Nathalie Rey.

Faire une exception dans son immeuble de la rue du Commerce, c’est impossible, d’autant qu’un projet de rénovation englobe toute une rangée de bâtiments: tous les locataires verront leur bail résilié, et ils sont nombreux.

La septuagénaire s’est vu proposer une chambre dans un foyer, mais elle refuse de se séparer de ses huit chats. C’est là que le bât blesse: «Notre vocation est sociale, mais lui dénicher un appartement, c’est mission impossible tant qu’elle s’obstinera à conserver tous ses chats», déplore Nathalie Rey.

Chauffée au mazout mais privée d’eau chaude et d’électricité depuis plusieurs mois, Vivian Geering sera-t-elle expulsée manu militari? «Elle ne se retrouvera pas sur le trottoir», promet Nathalie Rey. Le projet de la septuagénaire, c’est de mettre tous ses chats dans sa voiture. Et de laisser le moteur tourner quand il fait froid…

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