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La prise de conscience en France autour de la gestion publique de l’eau prend de l’ampleur et nous rassemble ici.
De nombreuses associations et collectifs citoyens à travers la France interpellent les élus sur le service public de l’eau et contestent à raison la prédominance des multinationales sur ce secteur essentiel. Cela s’inscrit dans un mouvement plus général de mobilisations en faveur d’une gestion publique, soutenable et démocratique de l’eau. Attachée à l’idée de service public, la France n’en constitue pas moins paradoxalement une exception, notamment parmi nos partenaires européens, quand il s’agit de l’eau.
De nombreuses collectivités s’engagent aujourd’hui dans un processus de reprise en main de leurs services d’eau (Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, etc.). Mais la France reste encore un marché très fermé que se partagent en grande part Veolia et Suez et dans une moindre mesure la Saur, faisant voler en éclats le mythe d’une « concurrence libre et non faussée » censée être au fondement même de la légitimation de la délégation de service public. Ainsi l'année 2007 a enregistré un record d'appels d'offres avec 883 mises en concurrence soit le double des années précédentes, mais dans 90 % des cas, le délégataire a été reconduit pour douze ans en moyenne…
A Paris, les marchés de la Générale des Eaux pour la rive droite et de la Lyonnaise des Eaux pour la rive gauche arrivés à échéance en 2009, n'ont pas été renouvelés, ce qui met fin au partage chiraquien de la distribution de l’eau.
Ces contrats accordés sans mise en concurrence pour 25 ans avaient été passés sur la partie la plus rentable du service. C’est donc une opportunité historique pour la Ville de Paris de remettre à plat l’organisation et le mode de gestion de son service public de l’eau, et rompre ainsi définitivement avec le « chiraquisme municipal » des années 1980 qui avait mis en place un système complexe et opaque fort lucratif pour les deux grands groupes privés. Il s’agit aujourd’hui de mettre en place une gestion publique dans l’intérêt des usagers. Cela nous concerne tous. C'est maintenant ! Toutes les infos sur : www.paris.fr
1. L’eau est un défi majeur pour le 21è siècle et il est du devoir de tous de veiller à son accessibilité et à sa préservation.
2. L’eau est un bien d’intérêt général qui ne saurait être considéré comme une simple marchandise.
3. L’eau doit être gérée de manière responsable, solidaire et non lucrative pour assurer son usage aux générations futures
4. Aux vues du paysage international, 90% des services d’eau sont en gestion publique. La France est une exception.
5. Après plusieurs villes comme Grenoble, Paris donne l’exemple. La délégation au privé de la gestion de l’eau n’est pas une fatalité